1/IL Y A QUARANTE ANS, LA GUERRE DES SIX JOURS (Le Monde diplomatique):
Quand l’armée israélienne déclenche, à l’aube du 5 juin, son attaque contre l’Egypte, personne ne peut imaginer que, quarante ans plus tard, elle continuera d’occuper des territoires arabes conquis lors de cette offensive et que de violents combats l’opposeront à des milices à Gaza. Personne non plus n’imagine que la région sera bouleversée par cette guerre pourtant si courte. Les Etats-Unis, Israël et les monarchies arabes s’étaient réjouis de la défaite de Gamal Abdel Nasser et du nationalisme arabe: en fait, celle-ci accélérera l’émergence de l’islamisme politique et l’affirmation de la résistance palestinienne. L’incapacité des Nations unies à imposer l’application des innombrables résolutions sur l’établissement d’une paix juste dans la région contribuera au discrédit des puissances occidentales. Enfin, la situation de «ni guerre ni paix» concourra à la longévité exceptionnelle de pouvoirs autoritaires arabes, souvent avec la bénédiction des Etats-Unis.
Pourtant, grand vainqueur de cette troisième confrontation avec ses voisins arabes, après celle de 1948-1949 et celle de Suez de 1956, Israël, en maintenant sous occupation une population palestinienne rétive, en considérant que seul l’usage de la force résout les problèmes, s’enfoncera dans une crise politique et morale profonde. Le conflit de 1967, qui fut aussi le résultat de mauvais calculs et d’erreurs humaines, confirme cette vérité: la guerre est rarement l’antichambre de la paix.
2/Extrait de l'interview de Vladimir Poutine (NOUVELOBS.COM | 05.06.2007 | 07:00):
Voici un extrait de l'interview de Vladimir Poutine parue lundi 4 juin dans huit médias représentant les huit pays du G8, à la veille du sommet du G8 à Heiligendamm.
Question: Lorsque vous vous opposez au déploiement par les États-Unis d'un système de défense antimissile en Pologne et en République tchèque, quel est votre objectif?
Réponse: En appliquant le Traité sur les armements conventionnels en Europe (CFE), la Russie a procédé à un désarmement unilatéral. En retour, nous avons observé une accumulation de matériel militaire en Roumanie et en Bulgarie et maintenant le déploiement d'intercepteurs en Pologne et d'un radar en République tchèque. Il y a de quoi être préoccupé. Voilà pourquoi nous avons déclaré un moratoire sur le CFE. Il faut se rendre compte que lorsque le système antimissile sera installé, il fonctionnera en liaison automatique avec le dispositif nucléaire aux États-Unis. Pour la première fois dans l'histoire, il y aura donc en Europe des éléments d'un système nucléaire américain. Cela change fondamentalement l'équilibre du système international. On nous explique que cela est nécessaire pour se protéger de missiles iraniens. Mais les Iraniens ne disposent pas de missiles de 5 000 à 8 000 kilomètres de portée. Il n'y a donc pas de justification au déploiement de ce système. Nous nous fondons sur le bon sens et la logique. Nous n'excluons pas que les États-Unis reviennent sur leur décision. Si ces principes ne s'imposent pas, nous devrons prendre des mesures de réciprocité. Pour rétablir l'équilibre, nous aurons besoin de systèmes qui pourront pénétrer le bouclier antimissile. Nous ne sommes pas ceux qui auront entamé une course aux armements en Europe. Mais peut-être veut-on nous pousser à prendre des mesures de réciprocité pour empêcher un rapprochement entre la Russie et l'Europe.
Question: Allons-nous donc revenir à l'époque où des missiles étaient pointés sur l'Europe occidentale?
Réponse: Oui. Nous sommes en train de revenir à cette époque. Nos experts militaires nous disent que le système antimissile menace le territoire de la Russie jusqu'à l'Oural. Si une partie du potentiel nucléaire des États-Unis est en Europe, nous devrons trouver une réponse. Bien sûr, nous devrons avoir des cibles en Europe. Quels moyens utiliserons-nous? Des missiles balistiques, des missiles de croisière ou de nouveaux systèmes d'armements, c'est une question technique. Je suis contre toute course aux armements. Nous avons appris de l'expérience de l'URSS. Nous n'allons pas nous laisser entraîner. Les États-Unis vont dépenser des milliards et des milliards de dollars, nous allons bâtir une réponse asymétrique, beaucoup moins chère mais efficace.
Question: Si Washington vous proposait de participer au bouclier antimissile, seriez-vous prêt à en discuter avec l'Otan?
Réponse: Les États-Unis nous ont seulement proposé de fournir nos missiles pour qu'ils servent de cible... Le bouclier antimissile étant lié au système de dissuasion nucléaire américain, il serait absurde pour eux de permettre à la Russie d'accéder au saint des saints de ce système.
Question: Certains disent que la Russie n'a pas sa place au G8 parce qu'elle n'est pas assez démocratique...
Réponse: C'est absurde. La Russie est devenue la neuvième puissance économique au monde et dépasse les pays du G8 dans de nombreux domaines. Quant aux droits de l'homme, je ne veux offenser personne, mais le rapport d'Amnesty International affirme que les États-Unis sont le plus grand pourfendeur des droits de l'homme à l'échelle globale.
3/Mes conclusions:
Si Israël est aussi hégémonique dans la région, ce n'est pas parce que les valeurs véhiculées par le sionisme sont bonnes. C'est militairement que tout se joue. On a beau faire l'apologie de la diplomatie et du dialogue, on attend toujours l'aboutissement des sommets et des accords.
Pour ce qui est de l'impérialisme américain, il serait idiot de penser que la victoire américaine à l'issue de la guerre froide reflète le triomphe du bien sur le mal. Si les Américains ont gagné la guerre froide, c'est parce qu'ils ont mieux supporté la course aux armements, et n'est-ce pas normal sachant que les dégâts n'ont pas été les mêmes selon qu'on ait été le théâtre de la seconde guerre mondiale (URSS) ou un simple visiteur -aussi héroïque soit-il- (Etats-Unis)? Et ce qui se passe aujourd'hui illustre ma thèse: les Polonais et les Tchèques, délivrés de la tutelle soviétique, se retrouvent sous celle de l'Ange tutélaire de l'Europe. Peut-être la pilule passe-t-elle mieux avec un Coca Cola qu'avec une vodka. Par ailleurs, il faut être très paranoïaque pour croire que l'Iran et la Corée du Nord constituent une quelconque menace pour l'Europe.
Israël et Etats-Unis forts et méchants? C'est rapide adlène! je te trouve aussi indulgent avec Poutine qu'avec Chavez... tu lis trop le Monde diplomatique, et c'est trop à gauche pour quelqu'un comme toi (conservateur à certains égards) ;-)