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"Les citoyens sont si souvent sondés qu'ils en ont perdu toute opinion." Jean Baudrillard Description audio !
Catégorie : Blog Politique Date de création :
23.04.2007 Dernière mise à jour :
26.07.2008
Une pensée particulière pour ceux qui se battent pour ce qui semble aller de soi sous d'autres cieux. Musulmans et chrétiens combattent l'ennemi sioniste pour la terre et la liberté. Joyeux noël et bonnes fêtes à eux.
"Nos défaites d’aujourd’hui ne prouvent rien, si ce n’est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l’infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons qu’au moins ils aient honte"
Bertold Brecht
Auteur: Adlene Mohammedi.
Quelle magnifique citation! D’autant plus qu’elle est d’actualité. Aujourd’hui beaucoup devraient avoir honte. Cette fin d’automne est très amère pour quiconque décide d’ouvrir les yeux sur ce qui se trame dans le monde, pour quiconque ayant la chance de pouvoir s’extirper quelques heures de l’infernal circuit du travail et de la consommation.
Imaginez la scène suivante: la chancelière allemande débarque à Paris. Elle fait un discours, à l’issue duquel des contrats seront signés, où elle explique sur un ton paternaliste que certes les nazis ont commis des crimes, mais qu’il faut bien comprendre que des crimes furent commis des deux côtés. Elle rentre chez elle ensuite, et à Berlin elle rend hommage à tous les collaborateurs français qui ont trouvé le «courage» de dénoncer et de massacrer leurs compatriotes. Evidemment il ne serait pas question de les dédommager (trop nombreux!). N’est-ce pas difficile à imaginer? En Algérie, on n’avait pas besoin de l’imaginer, on l’a vécu, et le président Bouteflika -qui avait déjà choqué en serrant chaleureusement la main d’Ehud Barak- l’a pris avec un sourire non dissimulé. C’est tout de même fâcheux de la part de quelqu’un qui combattait au sein de l’ALN quand son homologue était encore à la maternelle (à Neuilly peut-être?). Ce qui est encore plus fâcheux, c’est ce sentiment terrible d’injustice qu’on peut ressentir dans les pays du Sud: eût-il fallu que les pays du Sud résistassent pacifiquement pour mériter d’être reconnus aujourd’hui? L’histoire ne montre-t-elle pas que, pour tout le monde, une vraie résistance est forcément un peu sale (il y a Gandhi certes, mais il y a aussi les massacres de manifestants à Sétif et à Guelma)? Pourquoi Hô Chi Minh serait un terroriste tandis que Ben Gourion serait un libérateur? L’histoire américaine ne s’est-elle pas construite sur une série de violences et d’atrocités? L’histoire d’Israël ne s’est-elle pas construite sur une série de mensonges et d’horreurs? Et il suffit de s’intéresser aux derniers affrontements au Sud-Liban pour comprendre que, aux yeux de certains, certaines vies valent plus que d’autres.
Indépendamment de ce deux poids deux mesures raciste entre Sud et Nord, il faut bien mettre l’accent sur l’importance de l’étiquette «démocrate». Certains pays démocratiques utilisent cette étiquette pour se permettre les pires monstruosités, et pour agir, in fine, en contradiction avec les valeurs démocratiques. Je le dis souvent en l’air sur le régime israélien, et j’ai, dans un précédent article, parlé maladroitement de «démocraties totalitaires». Il est temps de clarifier les choses, et d’aller au-delà (jenseits) des slogans.
1/Que reproche-t-on à Poutine? C’est tout de même effrayant de voir la presse française se déchaîner -comme elle l’a fait avec Chavez- en mettant l’accent sur des souris moscovites, devenues montagnes à Paris. A Moscou, personne ne connaît Anna Politkovskaya! L’opposition du joueur d’échecs, à Moscou, on s’en fiche! A Moscou, et dans toute la Russie, on a choisi Poutine, et on a eu Poutine! Que lui reproche-t-on aujourd’hui? D’avoir choisi lui-même son successeur? Son prédécesseur docile Eltsine a fait la même chose; le monstrueux sioniste Sharon a fait la même chose; et même le démocrate assassin Blair a fait la même chose. Que veut-on? La démocratie ou la soumission?
2/Après le dernier attentat à Alger, un certain nombre de commentateurs français ont décrit la chose d’une drôle de manière: l’islamisme est à nos portes alors que nous n’avons rien demandé. Ah bon? Je dirais le contraire: les Occidentaux se sont attelés durant tout le XXe siècle à éliminer toute opposition progressiste en favorisant l'islamisme. Résultat: il n'y a presque plus de progressistes, et une ribambelle d'islamistes massacreurs d'innocents. C’est donc en Palestine, au Liban et en Algérie qu’on subit les conséquences de choses ni auxquelles on a contribué, ni auxquelles on a souscrit!
3/Derrière la conférence d’Annapolis (une conférence où trois hommes sans légitimité veulent négocier une paix elle-même illégitime):
-> Israël ne veut toujours pas respecter la résolution 242 de l'ONU: depuis 1967, Israël occupe des terres de pays voisins sans que cela ne pose problème! Israël prétend aider le Liban à éliminer le Hezbollah, mais imaginez une seconde une attaque militaire du Liban sur le sol israélien pour obliger les Sionistes à respecter cette résolution qui les oblige à se retirer des terres arabes voisines! Idem pour la résolution 194 qui, dès 1948, insistait sur le droit au retour des réfugiés. Une question se pose: cette conférence est-elle là pour contourner le droit international?
-> La totalité de la Cisjordanie et le ghetto de Gaza représentent 22 % de la Palestine historique, et les Israéliens ne sont jamais satisfaits: aucun plan ne prévoit le retrait de 100 % des territoires occupés, cela oscille entre 40 % et 90 % des territoires palestiniens occupés, ce qui fait entre 12 % et 18 % environ de la Palestine historique! Dans ces ghettos, on espère créer des «réserves» où seront parqués les Palestiniens. Plus obscène encore, dans un territoire qui ne dépasse pas les 18% de la Palestine originelle (je parle de l'hypothétique Etat palestinien), on veut mettre, en plus des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, tous les réfugiés (cela est purement symbolique, ils ne vont pas tous revenir), et aussi tous les Arabes d’Israël! Tous ceux qui vivent en Israël, qui ont intégré la société israélienne (dans la mesure du possible) sont amenés à «retourner chez eux», comme s’ils n’y étaient pas déjà!
Vidéo pédagogique (les commentaires du monsieur sont souvent inintéressants mais les cartes sont pertinentes):
4/Cluedo: le meurtrier est à Damas. Cette série de meurtres au Liban est forcément, aux yeux des médias français, l’œuvre du régime syrien. Certes, depuis l’indépendance de l’Etat libanais (1943), les Syriens ne veulent pas reconnaître ses frontières (et je vous invite, pour mieux comprendre le sujet, à vous intéresser à l’histoire de cette région où les frontières furent tracées par les Occidentaux, pour les Occidentaux). Mais depuis la Guerre du Liban, un autre acteur apparaît: Israël. Israël voulait d’abord, aux côtés des Phalanges libanaises (puis Forces libanaises), des maronites fascistes persuadés d’être phéniciens (Gemayel & Co sont adorés en France), massacrer du palestinien (du moins, endiguer l’OLP). Seulement, Syriens et Israéliens se sont retrouvés côte à côte pour «protéger le Liban», et depuis, forcément, on s’y attache! Mais à qui profite le crime exactement? La Syrie a-t-elle intérêt à assassiner des politiciens sans importance? Les Sionistes, en revanche, ont intérêt à ce qu’il y ait du désordre dans la région: si les Syriens tuent, le Hezbollah étant l’allié des Syriens, on a donc d’autant plus le droit d’attaquer le Sud-Liban pour «protéger le Liban» de cette «organisation terroriste». Seulement, l’état libanais (le président Emile Lahoud) utilise le Hezbollah pour résister justement à Tsahal. Et pourquoi vouloir à tout prix attaquer le Liban? Georges Corm (intellectuel libanais) explique que le Liban représente tout ce que Israël n’est pas (un état multiconfessionnel par exemple), mais il y a une autre raison à cela: l’eau. En effet, à plusieurs reprises, les sionistes ont tenté de détourner l'eau du Litani.
Thank you Mr Galloway (vidéo d'un député écossais qui a pris ses distances avec le Labour, qui est devenu New Labour, puis No Labour, pour finir Anti-Labour, selon son expression; quant à la journaliste, c'est la bêtise occidentale personnifiée!):
Donc, à ceux qui se demandent si Kadhafi est fréquentable, je dis simplement qu'il ne l'est pas moins que les chefs d'état occidentaux «démocratiquement» élus. Aujourd'hui la menace iranienne est agitée par tous les médias, et si c’est plus exacerbé dans ce cas que dans d’autres (le cas de la Corée par exemple), c’est tout simplement lié à la proximité avec Israël. D’abord, l’Iran mériterait d’avoir l’arme nucléaire -non pas pour «rayer Israël de la carte» (expression qui n’a jamais été utilisée par le président iranien)- mais parce que ce serait la seule puissance nucléaire sensible à la cause palestinienne. Pourquoi ne veut-on pas l’équilibre? Ensuite, à ceux qui se méfient de la qualité de la démocratie iranienne, je leur dis simplement qu’elle ne diffère en rien de la démocratie française: en France, il faut être «républicain» et souscrire aux valeurs de l’ordre établi, et à celles de la révolution bourgeoise de 1789; en Iran, il faut souscrire à la révolution de 1979.
Hillary Clinton believes war with Iran would be funny (quel mépris!):
Texte extrait de "Simulacres et simulation", Galilée, 1981.
Le pouvoir (ou ce qui en tient lieu) ne croit plus à l’Université. Il sait au fond qu’elle n’est qu’une zone d’hébergement et de surveillance pour toute une classe d’âge, il n’a donc que faire de sélectionner –son élite il la trouvera ailleurs, ou autrement. Les diplômes ne servent à rien: pourquoi refuserait-il de les donner, d’ailleurs il est prêt à les donner à tout le monde –alors pourquoi cette politique provocante, sinon pour cristalliser les énergies sur un enjeu fictif (sélection, travail, diplômes, etc.), sur un référentiel déjà mort et pourrissant.
En pourrissant, l’Université peut faire beaucoup de mal (le pourrissement est un dispositif symbolique –non pas politique, mais symbolique, donc pour nous subversif). Mais il faudrait pour cela partir de ce pourrissement même, et non rêver de résurrection. Il faudrait transformer ce pourrissement en processus violent, en mort violente, par la dérision, le défi, par une simulation multipliée qui offrirait le rituel de mort de l’université comme modèle de pourrissement à la société entière, modèle contagieux de désaffection de toute une structure sociale, où la mort enfin ferait ses ravages, que la grève tente désespérément de conjurer, de mèche avec le système, et ne réussissant tout au plus qu’à la muer en une mort lente, à retardement, qui n’est même plus le lieu possible d’une subversion, d’une réversion offensive.
Après les pensées estivales, les pensées automnales.
En automne, après la chaleur de l’été, après la lumière éblouissante du soleil, les yeux commencent à s’ouvrir. On commence à se poser des questions, à s’étonner, à réagir.
Je voudrais commencer par réagir, non pas au contenu des informations, mais à la manière dont elles sont disposées, dont elles sont mises à notre disposition. La question est: la conscience ne reconnaît-elle plus ce qui est prioritaire? Baudrillard meurt et tout le monde s’en fiche, Friedman disparaît et un grand hommage lui est rendu. Il est vrai que ce dernier fut prix Nobel de l’économie. D’ailleurs, il eut mérité tout autant celui de la paix, lui qui travailla si bien à anéantir le socialisme au Chili. Parallèlement à cet hommage, la lustration oblige certains Polonais à se repentir, et prive de leurs allocations ceux d’entre eux qui, étant communistes, ont eu la mauvaise idée de combattre le fascisme en Espagne.
En Algérie, les attentats se suivent et ne se ressemblent pas -comme par hasard au moment où le peuple est prompt à se révolter: quand il n’y a pas de victimes françaises, on préfère parler rugby.
Yasmina Reza, une précieuse ridicule, promeut son livre "L'aube le soir ou la nuit". Une sorte de carnet de bord minable où elle relate ce qu’elle a vécu auprès de celui qui allait devenir président de la république. Pendant que son livre se vend comme des petits pains, le président est aux Etats-Unis afin de signifier à son homologue son inébranlable amitié. On aurait presque envie d’oublier que pour le peuple irakien que ce soit l’aube, le soir ou la nuit, rien n’y change. Idem pour l’ouvrier français qui s’est retrouvé au chômage. Cette question concerne bien plus celui qui, après s’être fait élire par une masse de beaufs, fête sa victoire dans des yachts et des boites branchées.
Depuis l’avènement de la nouvelle équipe au pouvoir, force est de constater qu’on a tendance à délaisser les vrais problèmes au profit du vide. On stigmatise une partie des fonctionnaires en parlant des régimes spéciaux, on stigmatise une partie de l’immigration future en insistant sur l’importance des tests ADN, on met en garde contre les chiens dangereux et on débat sur l’euthanasie.
Au-delà de l’information, la question des priorités concerne les institutions elles-mêmes. En effet, le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement a réussi à donner une nouvelle âme à la police nationale, en lui accordant de nouvelles prérogatives: on passe d’une police censée maintenir l’ordre à une police politique qui s’attelle à en créer un nouveau, sans clandestins en l’occurrence dans un premier temps. Le monde du capital grandit quand la cage de l’homme se rapetisse.
Comme je l’ai dit précédemment à propos du régime israélien, une démocratie peut tout se permettre, y compris de ne plus agir conformément à l’idéal démocratique. On préfère stigmatiser les régimes qui n’ont pas la chance de jouir de cette étiquette. Le prix Sakharov le montre bien: le Parlement Européen a choisi cette année pour finalistes, à la surprise générale (ironie je précise), une journaliste russe pour cracher sur Poutine (à titre posthume), un avocat soudanais pour dénoncer ce qui se passe au Darfour et des dissidents chinois. Je n’ai qu’une chose à dire: surprenez-nous la prochaine fois! J’ose imaginer que le militant hostile à Chavez s’est classé quatrième. Voilà pourquoi, quand N. Chomsky décrit notre système d’information comme une «fabrique du consentement», on ne peut que souscrire à son point de vue. Peut-être pas P. Bruckner, penseur néocon, qui décrit l’Europe en ces termes: «L'Europe a plutôt vaincu ses monstres, l'esclavage a été aboli, le colonialisme abandonné, le fascisme défait, le communisme mis à genoux par KO. Quel continent peut afficher un tel bilan?» Là encore, une seule chose à dire: l’Europe n’a-t-elle pas défait ce qu’elle a elle-même fait? Espérons seulement que ce qui se fait là pourra être défait aussi!
Parler de l’Algérie aujourd’hui revient à définir, ou mieux, à illustrer le concept du peuple mal gouverné. Si d’un point de vue sociologique j’ai tendance à évoquer une frustration pathétique susceptible d’engendrer une décadence tragique, sur le plan politique il ne peut être question que de carence, contrastant avec l’abondance économique.
En effet, comment pardonner à un ministre de l’environnement -aussi ministre du tourisme, de la ville et de l’aménagement du territoire- qui collectionne les Jeep? Avec ses airs d’intellectuel, le président de la fondation "Déserts du monde" nous ferait presque oublier qu’il est un peu responsable de la présence d’une digue d’égouts en plein milieu d’une plage qui fait face à un hôtel à vocation touristique.
Comment pardonner à une chaîne de télévision qui consacre la moitié de son journal aux bêtises proférées par un président aussi capable qu’un singe au standard (il peut prendre le combiné, mais pas répondre au téléphone), quand il ne s’agit pas d’ouvrir le journal avec un premier ministre (aussi inquiétant qu’un taliban) qui distribue des prix à des fillettes qui ont appris le coran par cœur?
Comment pardonner à un président de la république qui se fait soigner en France et qui se permet le luxe de vouloir pour Alger la plus grande mosquée et le plus grand centre commercial d’Afrique? Comment pardonner à un président qui donne des leçons d’urbanisme et d'architecture à la télévision (« Je ne veux plus de F2! » hurlait-il) pendant que ses ministres débattent -en vain- du prix de la pomme de terre, inaugurent une cabine téléphonique dans une prison, ou envoient des lettres pour demander des comptes aux électeurs qui ont osé s'abstenir aux dernières législatives.
Comment pardonner à une ministre de la culture qui exclut le peuple d’évènements aussi importants qu’"Alger, capitale de la culture arabe 2007", ou encore le "Festival international du film arabe" à Oran? Comment pardonner à une ministre qui trouve le temps d’exiger telle ou telle peinture, telle ou telle céramique, quand la majorité de la population se barricade chez elle le week-end, avec TF1 pour seul repère culturel?
Comment pardonner à un état qui a fait des Jeux Africains le seul évènement sportif majeur, à ma connaissance, dont la promotion s'est faite quasiment de bouche à oreille?
Comment pardonner à un secrétaire général d'un syndicat (le seul syndicat légitime en l'occurrence) lorsque celui-ci, au lieu de défendre les travailleurs auprès du patronat et du gouvernement, fait la promotion du programme de ce dernier auprès des travailleurs?
L’Algérie, après avoir illustré l’échec de la démocratisation, illustre l’échec du libéralisme -comme si Friedman avait ressuscité pour conseiller le gouvernement algérien: les lois du marché ne cessent de faire grimper les prix; l’argent du pétrole disparaît avant même que l’on ait eu le temps de l’apercevoir; et Quick vient côtoyer le futur Musée d’Arts Modernes d’Alger. Bien évidemment, tous ces problèmes sont loin de concerner une élite peuplant les plages privées, et conduisant des voitures hors de prix pour s’y rendre. Comme Orwell, quand Veblen parlait d’une classe oisive pratiquant une consommation ostentatoire il n’était pas loin de la triste réalité algérienne. Baudrillard aussi aurait pu parler de l’Algérie dans sa définition du Mal absolu: le progrès aboutit aussi bien à une chaîne de Fast Food occidentale qui s'installe au centre ville qu'à une population qui voit dans l'islam une protection, voire une alternative.
Ainsi, l’Algérie devient le théâtre d’une cohabitation entre le Bien (ce qui s’en réclame) et le Mal. Etrange.
Il est vrai que l’armée s’est effacée -ou n’est-ce qu’une impression. Il semblerait que le capitalisme importé a fait de plusieurs militaires des hommes d’affaires. Décidément, l’argent peut même évincer du pouvoir. L'armée n'a tout de même pas complètement disparu puisque c'est elle qu'on utilise pour faire retrouver au peuple ses réflexes pavloviens: un attentat, et toute contestation est oubliée!
Alors si tous ces idiots sont prêts à pardonner aux égorgeurs barbus (et Dieu sait que les barbus avaient sur qui compter), qu’ils le fassent! D'ailleurs, il est normal de vouloir négocier avec les vainqueurs. En attendant peut-être le jour où la question du pardon concernera aussi tous ces idiots, car pour l'instant, mes interrogations (plus haut) sont du domaine de l'abstrait. Par ailleurs, il serait absurde d'évoquer les pratiques mafieuses dans un texte qui traite exclusivement de la bêtise.
Pendant que j’écris cela, certains barbus pensent à créer un nouveau FIS (Front Islamique du Salut), profitant ainsi des droits et des privilèges octroyés par le président. L’éternel retour nietzschéen?
Je lève mon verre de Selecto à tous ceux qui survivent et à tous ceux qui résistent.
->Qu’est-ce que j’apprends? Que l’Etat-Tartuffe est démasqué? Qu’Auschwitz ne fut qu’un faux laisser-passer -faux car appartenant à d'autres- brandi par les Sionistes? Que la mort de millions de Juifs ne peut justifier l’existence de cet «Etat juif» censé protéger les survivants? Ce n’est pas moi (antisioniste invétéré) qui le dis, mais c’est le journal d’un certain Jean-François Kahn qui le révèle ("Marianne", N° 537 Du 4 au 10 août 2007). On y lit que la «marche des vivants» de septembre aura lieu à Jérusalem (et non à Auschwitz), vers la résidence d’Ehoud Olmert. Le témoignage du président de l’association Auschwitz International ne laisse nulle place au doute: «les Allemands, les Français, les Hollandais ou les Polonais nous ont mieux traités que l’Etat juif». No comment.
->Qui trouve-t-on parmi les diffamateurs hostiles au président vénézuélien Hugo Chávez? Son homologue colombien et réactionnaire Uribe? Faux. Il s'agit d'une partie de la social-démocratie européenne! En crise, celle-ci a du mal à accepter que la tâche de réinventer la gauche soit confiée à un Chávez plutôt qu’à un européen blond aux yeux bleus. Il ne manquerait plus que l’on se réfère à celui qui, après avoir été chancelier, s’est transformé en employé de luxe de Vladimir Poutine (Schröder). Ou mieux, pourquoi ne pas réinventer la gauche avec le candidat européen à la direction générale du FMI (Strauss-Kahn)? Décidément, la social-démocratie est un courant de vieux cons, d'"ennemis de la Révolution"!
Peu de gouvernants au monde font l’objet de campagnes de démolition aussi haineuses que M. Hugo Chávez, président du Venezuela. Ses ennemis n’ont hésité devant rien: coup d’Etat, grève pétrolière, exode de capitaux, tentatives d’attentat... On n’avait pas vu un tel acharnement en Amérique latine depuis les attaques de Washington contre M. Fidel Castro. Les calomnies les plus misérables sont colportées contre M. Chávez, conçues par les nouvelles officines de propagande -National Endowment for Democracy (NED), Freedom House, etc.- financées par l’administration du président des Etats-Unis George W. Bush. Dotée de moyens financiers illimités, cette machine à diffamer manipule des relais médiatiques (dont des journaux de référence) et des organisations de défense des droits humains, enrôlés à leur tour au service de ténébreux desseins. Il arrive aussi, ruine du socialisme, qu’une partie de la gauche sociale-démocrate ajoute sa voix à cette chorale de diffamateurs.
Pourquoi tant de haine? Parce que, à l’heure où la social-démocratie connaît une crise d’identité en Europe, les circonstances historiques semblent avoir confié à M. Chávez la responsabilité de prendre la tête, à l’échelle internationale, de la réinvention de la gauche. Alors que, sur le Vieux continent, la construction européenne a eu pour effet de rendre pratiquement impossible toute alternative au néolibéralisme (lire, dans ce numéro, les articles de Jean Bricmont et Denis Duclos), au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Equateur, inspirées par l’exemple vénézuélien, les expériences se succèdent qui maintiennent vivant l’espoir de réaliser l’émancipation des plus humbles.
A cet égard, le bilan de M. Chávez est spectaculaire. On comprend que, dans des dizaines de pays pauvres, il soit devenu une référence obligée. Dans le respect scrupuleux de la démocratie et de toutes les libertés, n’a-t-il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve, légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire dans le changement social? N’a-t-il pas rendu leur dignité de citoyens à quelque cinq millions de marginalisés (dont les indigènes) dépourvus de documents d’identité? N’a-t-il pas repris en main la compagnie publique Petróleos de Venezuela SA (PDVSA)? N’a-t-il pas déprivatisé et rendu au service public la principale entreprise de télécommunication du pays ainsi que la compagnie d’électricité de Caracas? N’a-t-il pas nationalisé les champs pétrolifères de l’Orénoque? Enfin, n’a-t-il pas consacré une part de la rente pétrolière à acquérir une autonomie effective face aux institutions financières internationales, et une autre au financement de programmes sociaux?
Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans. Des millions d’adultes et d’enfants ont été alphabétisés. Des milliers de dispensaires médicaux ont été installés dans les quartiers populaires. Des dizaines de milliers de personnes sans ressources, atteintes d’affections oculaires, ont été gratuitement opérées. Les produits alimentaires de base sont subventionnés et proposés aux plus démunis à des prix inférieurs de 42% à ceux du marché. La durée de travail hebdomadaire est passée de 44 heures à 36 heures, tandis que le salaire minimum montait à 204 euros par mois (le plus élevé d’Amérique latine après le Costa Rica).
Résultats de toutes ces mesures: entre 1999 et 2005, la pauvreté a baissé de 42,8% à 37,9%, tandis que la population vivant de l’économie informelle chutait de 53% à 40%. Ces reculs de la pauvreté ont permis de soutenir fortement la croissance, qui, au cours des trois dernières années, a été en moyenne de 12%, parmi les plus élevées du monde, stimulée aussi par une consommation qui a progressé de 18% par an.
Devant de tels succès, sans parler de ceux obtenus en politique internationale, faut-il s’étonner que le président Chávez soit devenu, pour les maîtres du monde et leurs affidés, un homme à abattre?
Toujours à Alger.
Il fait vraiment très chaud.
Et pourtant...
C’est le 1er août, jour généralement brûlant, qui signe la fin du mois de juillet et marque globalement le milieu de l’été. Du nouveau sous le soleil? Non, il faut bien avouer que rien n’a vraiment changé par rapport à l’année dernière. Il fait toujours aussi humide, les députés sont en vacances, la pomme de terre n’a pas baissé et les fruits sont trop chers. Le Club des Pins est toujours fermé au commun des mortels et sur les autres plages, le conservatisme ambiant pousse encore les filles à ne pas nager, ou à la rigueur, à le faire toutes habillées. Les hommes ont bien sûr ce droit, celui de nager et de poser en maillot à fleurs ou à couleurs chatoyantes, torses nus et lunettes de marque, tout en observant d’un œil cruel leurs sœurs étouffer dans leurs combinaisons opaques, rouges d’asphyxie par tant d’inhumanité et rouges de honte d’avoir été enfantées femmes. Dans ces plages où l’homme et le sar sont les espèces dominantes, les plus courageuses ou celles qui ont vraiment trop chaud, finissent par plonger dans l’eau, habillées de leur hidjab. Ce vêtement sport est si habilement conçu qu’à l’entrée dans l’eau, des pans entiers du tissu flottent à la surface, donnant à l’ensemble l’aspect d’une méduse. Pourquoi tant de haine? L’Algérie n’est pas l’Alaska et il fait 40° en été, qu’attend-on pour faire une pause estivale et laisser les traditions de côté jusqu’à septembre pour laisser les filles respirer un peu? Quand on demande à un Algérien, bermuda fleuri comme celui cité plus haut, où il aimerait passer ses vacances, il répond généralement Ibiza. Pourtant, les filles sont en maillot, naturellement. Ça ne le gêne pas? Non, au contraire. Alors pourquoi pas en Algérie? Ce sont mes sœurs, ce n’est pas possible. Bien sûr, ce ne sont pas ses sœurs. Mais tout Algérien pense que toutes les Algériennes sont ses sœurs. Bonnes vacances quand même.
Chawki Amari
Point Zéro
El Watan
p.s.: un garçon a été égorgé parce qu'il a osé défier des voisins intégristes qui lui ont interdit de porter un short.
Consacrer soixante ans de sa vie aux arts n’est pas chose commune. Aussi, à l’heure où Ingmar Bergman s’éteint, sa mère patrie jadis si frileuse se recueille en pleurant son génie du cinéma.
Replié sur l’île de Faarö, il avait confié à la télévision suédoise en 2000 que “le fait même de vivre est lourd”. Etonnant destin d’un homme qui fut si longtemps décrié par son pays, et qui est aujourd’hui l’objet d’une adulation sans faille par tout le septième art. C’est pourtant au théâtre qu’Ingmar Bergman va faire ses premiers pas. Il met en scène Strindberg, Shakespeare ou bien Suttone Vane. Démobilisé durant la Seconde Guerre mondiale à cause d’un ulcère, il prolonge ses premières amours en écrivant une douzaine de pièces de théâtre et un opéra. Il met en scène l’une d’elle ‘La Mort de Polichinelle’, ce qui lui donne l’occasion de faire la rencontre de Carl Anders Dymling, directeur d’un studio suédois qui lui ouvre les portes du cinéma, en qualité de scénariste.
Renoir et Carné en ligne de mire
Si les studios de la Svensk Filmindustri empruntent leur technique au cinéma américain, Bergman est pour sa part davantage séduit par Jean Renoir ou Marcel Carné. Son idylle avec le cinéma ne s’éteindra jamais. En 1946, il tourne son premier long métrage ‘Crise’, alors qu’il poursuit en parallèle une activité théâtrale. Même si cette première est un échec, il ne renoncera jamais. Au cours de sa carrière, ce ne sont pas moins de quarante films qu’il réalisera, parmi lesquels ‘Les Fraises sauvages’ (1957), ‘L’Heure du loup’ (1968), ‘Le Silence’ (1963) ou encore ‘Sonate d’automne’ (1978). Plus qu’une passion, tourner représentait pour lui l’essence même de la vie : “Faire des films est pour moi un instinct, un besoin comme celui de manger, de boire ou d’aimer”. Son premier succès international survient en 1955 avec ‘Sourires d’une nuit d’été’. Pourtant, très vite, il devient le mal-aimé en Suède. On lui reproche ses thématiques morbides ou métaphysiques, qui rend l’homme seul face à ses démons, ses peurs, qui le hantent, et font de lui un être en état de déréliction. Le grand public l’accuse même d’être en partie responsable de la réputation de névrosés que traînent les Suédois. Mais il en faut davantage pour décourager Bergman.
Le tragique de la condition humaine scruté
Il multiplie les tournages, applaudis aux quatre coins du monde. Sa mise en scène du caractère tragique de la condition humaine fascine. “Ce n’était pas le cinéma qui était en jeu. La grandeur de Bergman est tout entière dans sa compréhension vertigineuse de l’humain”, analyse Olivier Assayas. Sa technique et sa connaissance du métier inspirent le respect de tous : “Il a fait les plus beaux plans du monde, parce qu’il sait tout du visage de l’acteur”, s’enthousiasme Patrice Chéreau. Bien que pionnier, sa longévité fait qu’il fréquente ceux qu’il a inspirés. “Godard, Truffaut ou Allen en sont profondément imprégnés” confesse Arnaud Desplechin qui confie avec un respect presque sacré : “Il est le seul cinéaste auquel je m’interdis de penser en faisant un film, sous peine de tout arrêter”. Les femmes sont chez lui un objet de fascination qu’il se délecte à mettre sous les feux de ses projecteurs. Ingrid Thulin, Maj Britt Nilsson, Ulla Jacobsson ou encore Liv Ullmann connaîtront les plus belles heures sous la direction de Bergman. “J’aime beaucoup travailler avec les femmes, avouait-il en marge d’une conférence de presse pour son film ‘Cris et chuchotements’ sorti en 1973. J’aime beaucoup leur écrire des rôles plus nuancés. Mais je ne crois pas qu’elles sont pour autant plus proches de la vie.”
Sarabande ou la boucle bouclée
Au-delà du personnage féminin, son oeil décrypte avec crudité et précision les comportements du couple, et les scènes de vie conjugale parcourent l’ensemble de son oeuvre. Son dernier film ‘Sarabande’, sorti en 2003, est l’occasion de donner une suite à ‘Scènes de la vie conjugale’, près de trente ans plus tard, en dirigeant les mêmes acteurs qu’alors. D’ailleurs, à la fin du tournage, son égérie Liv Ullman confiait sa crainte d’avoir tourné le dernier film de son réalisateur fétiche. Comme la fin d’un cycle. L’histoire lui donnera raison. Fatigué, il restait cloîtré sur son île de Faarö, “son amour secret”, comme il en témoignait dans son autobiographie ‘Laterna magica’, inconsolable depuis la mort de sa dernière femme Ingrid von Rosen. Pourtant, après l’avoir boudé des années, la Suède le consacrait enfin, le reconnaissant comme un grand maître du cinéma. Même l’équivalent des César suédois attribue désormais un prix Bergman, qui récompense les jeunes talents du cinéma. L’hommage international n’a quant à lui jamais été démenti, et il est le seul réalisateur à avoir obtenu la Palme des Palmes au Festival de Cannes en 1997. L’agence de presse suédoise annonce que le cinéma et le théâtre suédois ont perdu leur “étoile la plus brillante de tous les temps”. C’est même tout l’art universel qui a perdu l’un de ses plus grands représentants.
Texte de SAS extrait du journal "La Tribune" (Algérie). A défaut d'écrire (je me repose), je vous fais part de ce qui est bien écrit!
Article publié le 26 juillet 2007.
Alger est triste. Profondément triste. Et l'été n'y peut rien. Elle ne mérite peut-être même pas tout le soleil qui se déploie sur elle. La pluie convient certainement mieux à cette ville. Elle colle pleinement à son aspect renfrogné. On a beau essayer de repeindre les murs de la ville, d'égayer ses façades, Alger reste sombre, malgré sa sublime lumière. A-t-elle perdu le sens de la fête? L'eût-elle un jour? Une certaine forme d'amnésie nous fait penser que la fête a pris la clef des champs à cause de ces quinze années de guerre. Même pas vrai, diraient les gosses. On sublime un passé qui n'a peut-être jamais existé. Ou si peu. Avant la guerre, Alger était déjà en guerre contre elle-même. Elle s'enfonçait dans une longue liste d'interdits bigots combinés à un malaise malsain, que l'Etat avait inaugurés bien avant le zèle de la dévotion hirsute, sur laquelle, le plus souvent, on déverse injustement toutes nos rancunes et nos échecs. «Il n'y a rien à faire dans cette ville», me dit Souad, une Libanaise installée ici, depuis quelques mois. Son constat est loin d'être sévère. Souad aime les gens, mais où les trouver? Comment les aborder? Dans quel café? Dans quelle brasserie?
On a comme l'impression qu'Alger s'est transformée petit à petit en une espèce de ville conçue pour abriter l'ennui, alors que toute son architecture est une invitation à l'enchantement, au mystère et à l'orgie des sens.
Alger est une ville policière. N'allez pas croire que c'est à cause des attentats ni à cause du nombre croissant de ses policiers qu'elle est policière. Alger est policière dans son attitude. Dans sa tête. Même sans policiers elle aurait été policière. D'où le drame peut-être.
On s'y sent constamment guetté. Jaugé. D'abord par ses semblables.
Les femmes bravent la hargne des regards mâles, mais elles restent tout de même prisonnières du temps et des hommes. Des cendrillons qui n'égarent aucune chaussure mais qui sont tenues de rentrer bien avant minuit chez elles.
La nuit, les femmes disparaissent. Mais les hommes aussi. Les femmes victimes des hommes et les hommes victimes d'eux-mêmes. Alger est une ville qui ferme comme ses magasins. C'est une ville cadenassée que nous devrions cambrioler. Mais personne n'est assez doué pour forcer ses serrures.
Quelle horreur, une ville qui ferme ses portes invisibles au nez de ses habitants. Des portes contre lesquelles nous cognons constamment.
Il ne viendrait à l'esprit de personne de se balader la nuit à pied. Prendre l'air. Un pot. Marcher. Découvrir d'autres senteurs. Voir la mer.
Même la mer, on ne la voit pas. On ne la voit plus. Est-ce les gens qui se sont détournés d'elle ou est-ce elle qui s'est détournée de nous?
Alger est devenue un désert sans sable traversé par des ombres pressées. On a de l'affection pour ses gens mais on ne sait pas toujours où trouver les gens. Comment leur parler? Nous sommes tous un peu comme Souad, la Libanaise.
Les dernières séances de cinéma, dans les deux ou trois salles encore fréquentables, sont programmées pour 18 heures. Quand elles ne sont pas carrément déprogrammées pour on ne sait quelles raisons, toujours valables aux yeux des gérants de salles. Après une séance de cinéma ratée que nous reste-t-il? Les cafés sont fermés. Les bars offrent des prestations médiocres où la gaieté et l'échange sont presque bannis, pour laisser place à des murmures chaotiques ou des esclandres sans nom.
Depuis plusieurs semaines, les bars sont sommés de fermer aux alentours de 22 heures. Prendre un soda ou une bière devient un vrai parcours du combattant. Et où écouter de la musique? Et ces expositions, toujours organisées dans des lieux qui n'inspirent pas forcément la sympathie; malgré la beauté de leurs sites ils sont honnis par la société. Je n'aime pas le palais de la Culture.
Il est beau, mais je n'ai absolument rien à y faire. Et quand j'y vais, c'est forcément pour faire plaisir à des amis artistes qui y exposent. La culture, la vraie, doit se faire dans la rue. Pas dans les palais, avec des ministres arrogants. El Djazaïr el mahroussa. Alger la bien gardée. Depuis les Turcs, la Régence, Alger est sous surveillance. La moindre manifestation de joie inquiète. La moindre manifestation de colère panique. On a peur de la foule. Une agoraphobie institutionnelle qui n'a rien à voir avec les angoisses de l'individu mais plutôt avec les terreurs des dirigeants envers la société. La société n'a jamais été écoutée, mais on l'a souvent mise sur écoute.
Quand il y a un concert de musique, il y a souvent plus de policiers que de public. Idem pour les matchs de football. Alger est immédiatement quadrillée.
Pour une raison étrange, les magasins de meubles restent ouverts, très tard la nuit.
Un ami anxieux me dit, dans un humour teinté de doute, que les vendeurs de meubles doivent travailler pour la police. Et si les Algériens, au lieu de s'amuser la nuit préféraient acheter des meubles? Peut-être bien. Mais en attendant une réponse précise pour savoir pourquoi les magasins de meubles restent ouverts la nuit alors que tout est fermé, on peut déjà dire qu'une ville qui ne vit pas la nuit n'est pas une ville. C'est un village agricole sans les champs de blé à labourer.