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"Les citoyens sont si souvent sondés qu'ils en ont perdu toute opinion." Jean Baudrillard
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23.04.2007
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26.07.2008
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Pensées estivales.

Posté le 26.07.2008 par adlenemao
Par Adlene Mohammedi.

La petitesse de l’homme révélée à l’homme lui-même. De la fête de la musique à la parade des Sodomites, l’été commence bruyamment. Beaucoup de bruit pour rien. Rien car les musiciens ne sont pas talentueux, et les Sodomites n’ont aucune raison d’exprimer une quelconque fierté. Evidemment, le boulanger qui fonde une famille est trop ringard pour qu’on lui donne l’occasion d’exprimer sa « pride », et puis d’ailleurs, passer de la honte à l’excès d’orgueil est le propre de l’homme. Gageons.

« On s’étonne du succès de la médiocrité ; on a tort… Plus l’homme au pouvoir est petit, plus il convient à toutes les petitesses » disait Chateaubriand. Et c’est justement un petit président en France (petit à tous les égards) qui s’avère être le parfait promoteur de cette médiocrité. De l’affaire Betancourt (libérée, qu’elle nous libère de son omniprésence !) à l’UPM (Union pour la Méditerranée), il n’y a nulle place au doute. Pour cette dernière, il a dû faire appel à d’autres petits convenant à d’autres petitesses.

La France, cette raie publique accessible à tout le monde (ceux qui le peuvent choisiront le privé, cela va de soi), se fait malmener par le lobby sioniste, accueille une Africaine islamophobe salariée des néoconservateurs américains et médiatise la libération d’une Colombienne qui a promptement fait l’éloge d’un président qui a épousé, il y a peu, une prostituée de luxe italienne. Les Beaufs qui ont voté Sarko parce qu’ils aimaient la France doivent être sacrément déçus !

Comme je le disais plus haut, le président français a fait appel à d’autres petits convenant à d’autres petitesses. Et comme je le disais dans un autre billet, pire que le mépris du Nord pour le Sud, il y a le mépris du Sud pour lui-même. Celui-ci s’exprime à travers la création, désormais officielle, de l’Union pour la Méditerranée, un projet destiné à faire accepter aux Arabes la présence d’Israël, et aussi bien les Arabes humiliés par celui-ci que les Arabes d’Afrique du Nord qui sont restés plus ou moins fermes jusqu’à présent.


Certes, il y a des intérêts économiques indéniables susceptibles de justifier la création de cette Union, mais ceux-ci ne peuvent faire oublier les conditions dans lesquelles cela s’est fait. Des dictatures revendiquées aux fausses démocraties, les Arabes n’ont pas manqué cette occasion d’offrir le spectacle de l’éternel retour nietzschéen : las d’êtres humiliés, ils s’humilient. Le président algérien l’illustre parfaitement : il abdique devant le petit président français après avoir donné l’impression d’hésiter. Mieux encore, il félicite la France au nom d’un peuple algérien que le natif de Oujda n’évoque que pour l’insulter.

On pourrait reprocher aux peuples du Sud leur passivité, mais on pourrait aussi reprocher la même chose aux peuples du Nord, et il n’y a même pas la chaleur qui pourrait justifier celle du Sud. Bref, le lobby sioniste agit à sa guise, un peu comme le Mossad agissait à sa guise pendant les années 1970. Quand le lobby s’acharne sur une communauté, le peuple la stigmatise ; quand le lobby met le doigt sur une pseudo-cause, le peuple s’émeut.

Robert Ménard et Reporters sans frontières, en partie financés par la CIA, ne reculent devant aucun moyen pour cracher leur venin sur les régimes qui ne leur conviennent pas. Ils n’hésitent pas à insulter le président syrien, mais que font-ils lorsque les geôliers sont israéliens ? Que font-ils de Guantanamo ? Que font-ils du journaliste français malmené par les services français ? Un peu de frontières ne leur feraient pas de mal finalement !

Il y a aussi le droit international et ses multiples facettes. Le droit que l’on méprise sans souci lorsqu’on est grand et fort. Le droit auquel ne peuvent échapper les Serbes qui ont vomi le FMI, le droit auquel ne peuvent échapper les Soudanais qui ne fournissent pas leur pétrole aux bons clients, le droit auquel n’échapperont peut-être pas les Iraniens qui osent tenir tête à l’ignominie sioniste, le droit auquel n’échappera peut-être pas le président Mugabe qui refuse de laisser son pays à des nègres pas fiers.

Revenons à la situation en métropole. Car, avec l’UPM, ne faut-il pas revenir à une terminologie coloniale ? J’apprends que Siné, le dessinateur, fut licencié pour avoir caricaturé le mariage du fils du petit président avec la fille Darty. Siné met l’accent sur les débuts prometteurs du jeune homme : relaxé, sous les applaudissements, lors d’un procès (délit de fuite, plaignant arabe) ; conseiller UMP et probable futur converti au judaïsme. Siné accusé d’antisémitisme. Licencié de Charlie Hebdo. Campagne menée par Askolovitch, un idiot du Nouvel Obs. Charlie Hebdo qui a publié les caricatures danoises, et le Nouvel Obs qui a publié les « bonnes feuilles » d’un livre qui assimilait la guerre d’indépendance en Algérie au nazisme. Il n’y a donc point de racisme quand on s’attaque à une communauté, il y en aurait quand on caricature un pauvre type. Mais, au fond, a-t-il eu tort ? Dany Boon ne s’est-il pas enrichi après sa conversion ? Ce kabyle converti au judaïsme désormais ambassadeur du Nord. Et Le Pen n’aurait pas le droit d’exprimer son scepticisme ?

Vive la raie publique.



--

Le danseur djiboutien.

Posté le 16.06.2008 par adlenemao
Auteur: Adlene Mohammedi.

Il vous faudra beaucoup d’efforts pour atteindre un niveau médiocre.

Ayant été convié par un ami à un spectacle d’expression corporelle, j’ai eu droit à un show qui, en plus de sa beauté indéniable, m’a interpellé de par sa symbolique. En effet, parmi des acteurs blancs incontestablement talentueux, et des actrices aussi souples que belles, un petit acteur noir sortait du lot. Il n’avait rien d’exceptionnel, il était juste un peu drôle. J’ai appris plus tard qu’il était djiboutien. Bref, il n’a joué qu’un rôle secondaire pendant une bonne partie de la représentation, et c’est à la fin que ses camarades se sont intéressés à sa pauvre personne. En effet, il sombre dans la folie et finit par tomber carrément. Une fois à terre, ses camarades blancs le ramassent -c’est le cas de le dire- et une joie incommensurable règne sur la scène.

Plus tard dans la soirée, dans un restaurant parisien dont le seul aspect positif réside dans ses horaires d’ouverture, un débat improvisé sur la mince frontière entre résistance et terrorisme me fait réagir : j’explique à mes amis affamés que le Sud, tout comme le Nord, a le droit d’user de la violence pour résister. Evidemment -c’est tout le charme de la jeunesse française, je ne réussis à convaincre personne, et j’en suis arrivé à la conclusion que, si au Nord, le symbole de la résistance est Jean Moulin, le Sud devait se contenter de Gandhi. Je m’explique, tout comme le nucléaire, les armes de façon générale sont réservées aux Occidentaux qui savent s’en servir. Méchant Hezbollah qui devrait prendre exemple sur le Dalaï-lama ! Les Arabes doivent résister pacifiquement au sionisme, et seulement après, ils pourront compter sur le soutien de la jeunesse parisienne.

Il est quatre heures du matin -entre-temps, nous rencontrons un Danois qui reproche à Sarkozy l’interdiction des poppers- quand mon cerveau fait le lien entre ces deux histoires. Le Noir, l’Arabe, le Jaune ne sont appréciés que dans deux situations : soit à terre soit lorsqu’ils résistent avec le sourire. Evidemment, il y a aussi ceux qui disent à l’Occident ce que l’Occident attend d’eux, les collaborateurs, les « ni putes ni soumises » qui sont juste l’inverse.

Son associé au billet :

Notre idéologie.

Posté le 03.05.2008 par adlenemao
Il paraît que le mois de mai est la meilleure période pour régler le problème de l’idéologie. C’est d’ailleurs pour cela, et je le dis de source sûre (la télé car je ne manifeste pas), que certaines organisations politiques manifestent le premier jour de ce mois de printemps. Voilà pourquoi (ce n’est pas du tout la raison en réalité, il n’y en a d’ailleurs pas) j’ai décidé, avec un joli morceau de Portishead, d’éclairer mes chers lecteurs sur la tendance politique de ce site. Ceci dit, c’est aussi l’occasion d’introduire un prochain manifeste.
Trois concepts centraux :

D’abord, le Sud. Cette vaste région victime de systèmes politiques et économiques pensés par le Nord et pour le Nord. Nous saluons et promouvons toute initiative destinée à défendre les intérêts de populations du Sud : que cela passe par des nationalisations et des intégrations régionales (Amérique du Sud), ou par une lutte acharnée contre les puissances d’oppression (Proche-Orient).

Ensuite, la gauche. La gauche, par définition, combat l’ordre établi. Tout mouvement se réclamant de la gauche qui veut intégrer l’ordre établi dans sa pensée est un mouvement à combattre, au même titre que l’ordre établi.

Enfin, le conservatisme. La gauche que nous défendons ne doit pas être une gauche de rupture. D’ailleurs, c’est une gauche ouverte à tout mouvement de droite partageant son hostilité à l’ordre établi (les gaullistes français). Nous réfutons tout mouvement de gauche ayant tendance à nier la nature de l’homme en brandissant l’homosexualité comme un mouvement de liberté, à promouvoir la lutte des sexes en nourrissant un féminisme nocif, à rejeter le concept de nation au profit d’un universalisme ridicule, à préférer les kibboutz israéliens à la cause palestinienne et à confondre révolution et combat.
Son associé au billet :

Ensemble tout devient possible, même le pire.

Posté le 26.04.2008 par adlenemao
A propos du talk show:
Auteur: Adlene Mohammedi.

Le nouveau président français s’ennuie. Il a tout fait pour gagner au Lotto, et maintenant que c’est fait, il est pressé de se débarrasser de cette responsabilité insupportable qui consiste à gérer l’énorme entreprise qu’est la France. En plus de cet ennui, ce que l’on retient de sa prestation à la télévision c’est sa capacité, encore intacte, à se contredire, ainsi que son excitation dès qu’il s’agit des étrangers. Une excitation contrastant avec son [pseudo] changement.

M. Sarkozy commence par expliquer que la mondialisation est l’occasion de se mettre en valeur, chaque pays pouvant progresser en comptant sur ses propres moyens, c’est à croire que là encore le travail paye. Si certains Etats africains, ainsi que Haïti, souffrent des émeutes de la faim, on sait désormais que c’est parce qu’ils travaillent mal. Seulement, Sarko, sans avoir l’impression de se contredire, évoque ensuite une crise internationale qui l’empêche d’agir, de travailler dans le bon sens. Cette mondialisation qui permet une concurrence salvatrice l’empêche finalement, tout autant que l’homme africain, de faire ce qu’il faut.

Premier sujet abordé : l’économie. Fièrement, il explique que la hausse des prix est plus importante en France qu’ailleurs. Ensuite, invoquant la sacro-sainte compétitivité inhérente à la globalisation, il explique qu’il n’est pas question d’augmenter les salaires. Enfin, sans apporter de solutions au problème du pouvoir d’achat, il fait preuve d’un populisme effarant : il dit comprendre les salariés des riches entreprises qui protestent. Problème : ils veulent une indexation des salaires sur les prix, alors que son rôle, et c’est lui le dit, est de faire en sorte que les actionnaires restent. Question : on sait comment il aide les actionnaires (en n’augmentant pas les salaires), mais, à part les encourager à protester, que fait-il pour aider les salariés ? Indépendamment de cela, on retiendra la stigmatisation des chômeurs, le travail érigé en valeur centrale (d’ailleurs, sans travailler plus, il ne faut rien espérer) et la mise en accusation de la fonction publique (c’est en supprimant des postes de fonctionnaires qu’il compte atteindre le déficit 0 en 2012).

Deuxième sujet abordé : les questions de société. Là, cinq thèmes sont abordés : l’immigration, l’éducation, les retraites, les OGM et la spéculation. Sur les travailleurs sans-papiers il s’énerve : pas besoin d’eux, il faut respecter la loi et, surtout, il faut cesser de culpabiliser. Mais pourquoi, lui à qui la Shoah semble coller à la peau, s’est-il senti obligé de parler de culpabilisation sur un sujet aussi concret ? Et pourquoi, alors que le journaliste évoque la possibilité d’une régularisation, a-t-il insisté sur le fait qu’il faille plus qu’un travail pour devenir français ? Je ne sache rien de plus extravagant qu’un ancien ministre de l’intérieur confondant régularisation et naturalisation ! Pire encore, tout comme il punit les chômeurs pour l’incompatibilité entre l’offre de travail (par les individus) et la demande de travail (par les entreprises), il sanctionne ces travailleurs sans-papiers pour leur existence même alors que des Français bien d’ici se retrouvent sans emploi. Sur l’éducation, je retiens surtout qu’il trouve normal que les jeunes s’inquiètent (peut-être parce que lui-même a cessé de s’inquiéter). Sur les retraites, je retiens sa volonté de faire travailler les gens plus et plus longtemps pour épargner les entreprises qui risquent de délocaliser (c’est là qu’on voit à quel point la mondialisation est une bonne chose). Sur les OGM, tout comme sur la spéculation, il parle vaguement de précautions… C’est à croire que la précision est réservée à des domaines moins influents mais plus médiatiques.

Troisième sujet abordé : la diplomatie. Et c’est là que j’ai l’impression de commenter la parole d’un véritable con d’Orsay (proche de l'autre Nicolas [de Condorcet] à certains égards). Pour la Chine, d’abord, il dit «j’ai parlé au président chinois» comme il disait «j’ai parlé au président Kadhafi». Personnellement, je ne le crois pas. Ensuite, il explique que l’intérêt de la Chine réside dans sa capacité à influer sur les régimes de Téhéran et de Khartoum (deux régimes liés par l’islam). Enfin, il invoque De Gaulle (qui a reconnu la Chine avec le Tibet) pour justifier son incapacité à aider les bouddhistes. Je comprends ses hésitations : d’un côté, il y a des intérêts économiques indéniables ; d’un autre côté, il y a des lobbies (Robert Ménard [RSF] est payé par la CIA) qui oeuvrent contre l’intérêt des entreprises françaises. Pour l’Europe, en bon clown prompt à diriger l’Union, il indique que seule la partie la plus jolie d’Istanbul est européenne. Pour l’Afghanistan, il refuse tout dialogue avec des Talibans soutenus par la population, celle-ci se sentant, à juste titre, agressée et méprisée par les Occidentaux. Le cliché du musulman moyenâgeux est inévitable pour justifier son atlantisme. Evidemment, le propos est tempéré par les fameux «droits de l’homme», de la «malheureuse» femme afghane notamment. Il finit par invoquer des attentats à Paris (la peur est nécessaire à tout discours populiste et xénophobe)… Mais lesquels ? Pour le Hamas, Sarko ne veut rien entendre. Ces islamistes veulent rayer, tout comme l’Iran, Israël de la carte. En réalité, le Hamas, et le président Carter le sait pour avoir dialogué avec lui, reconnaît désormais les frontières de 1967. C’est donc les islamistes du Hamas qui font des efforts, et non le gouvernement massacreur d’innocents d’Olmert. Que l’héritier de Vichy préfère le collaborateur Abbas, cela peut finalement se comprendre ! Dernier thème : Betancourt. Soutien justifié par le fait qu’elle soit française.

Ensemble tout devient possible, surtout le pire !
Son associé au billet :

Pensées printanières.

Posté le 22.04.2008 par adlenemao
Auteur : Adlene Mohammedi.

L’édito :
Ce printemps 2008 sera certainement l’occasion de revenir très longuement sur l’un des tournants les plus néfastes du XXe siècle. Je parle évidemment de mai 68. En effet, certains vont oser fêter la mort du gaullisme et du communisme et la victoire d’une bourgeoisie libérale qui n’a fait que promouvoir une liberté de consommer, de consommer la liberté y compris. Ainsi, les idéologies qui manquent le plus aujourd’hui, celles qui sont le plus susceptibles de permettre une résistance sérieuse, furent achevées, et quoi de mieux que la présidence de Sarkozy pour rappeler cela ? Le président qui a le plus insulté l’événement le représente pourtant à merveille.

Ce propos hostile qui peut choquer certains mérite quelques explications, ainsi que quelques illustrations. D’abord, l’histoire me donne raison : à droite, le libéralisme s’est substitué au gaullisme (de VGE à Sarko, la parenthèse chiraquienne mise à part) ; à gauche, le libéralisme s’est substitué au communisme (de Mitterrand à Royal). Ensuite, il suffit d'ouvrir les yeux aujourd'hui.

J’ai parlé de résistance, et outre la résistance au libéralisme et à l’économie de marché c’est de la résistance aux influences américaine et sioniste qu’il s’agit.

Dans les articles précédents, j’ai eu l’occasion de revenir assez longuement sur l’influence sioniste, mais celle-ci dépasse le soutien apporté à l’Etat terroriste. Ainsi, dans l’hostilité à l’égard du Soudan, de la Chine, de l’Iran et de la Syrie le rôle du lobby sioniste est indéniable. Un lobby passé maître dans l’art de la propagande : manipulation d’images en Chine (des images prises au Népal ou ailleurs pour illustrer la répression en Chine) et manipulation de propos en Iran (le président iranien n’a jamais parlé de rayer Israël de la carte, mais simplement d’effacer le sionisme des pages de l’histoire comme on le fit avec le fascisme sans s’attaquer aux Allemands et aux Italiens).

Pour ce qui est de l’influence américaine, l’attitude incompréhensible du manager de la France l’illustre parfaitement. En effet, ému par l’accueil -imprévu- de la reine, Sarko s’est senti obligé d’annoncer aux parlementaires britanniques (comble du mépris pour les institutions françaises) l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. Malgré mon attachement à la culture britannique, je ne peux que constater que cet acte traduit manifestement une volonté de substituer l’atlantisme au fameux moteur franco-allemand dans la construction européenne. Autre action symboliquement imbécile, voire imbécilement symbolique : le fait d’annoncer en Roumanie (l’Europe que Rumsfeld opposait à la Old Europe [vieille Europe] des Français et des Allemands) l’éventuelle réintégration au commandement intégré de l’OTAN. De Vichy et Hitler à Sarko et l’OTAN.

Indépendamment de cette volonté de COLLABORER avec la puissance dominante, le président français semble accorder une trop grande importance à son action. Ainsi, croyant vraiment qu’ « ensemble tout devient possible », il a pensé que l’envoi d’un avion en Colombie suffirait à ramener l’otage des résistants colombiens (FARC). La France des Lumières doit pouvoir sauver le Tibet et ramener Betancourt, la même France des Lumières qui était censée échapper au nuage radioactif venu de Tchernobyl (référence à un texte de Baudrillard).

Ce printemps 2008 est aussi l’occasion de confirmer mes craintes sur le mépris vis-à-vis du Sud, ainsi que sur l’islamophobie. Cette dernière se traduit notamment par un deux poids deux mesures ostensiblement affiché par les médias : alors que la profanation du cimetière juif de Carpentras a fait la une des médias, celle du carré musulman dans le Pas-de-Calais n’a pas touché grand monde ; et alors que la pseudo-répression infligée au Tibétains suscite les passions en Occident, celle contre les musulmans ouïghours (toujours en Chine) n’intéresse personne. Est-ce dû aux clichés du musulman terroriste et du bouddhiste sympa ?

Le mépris va plus loin que la religion. Les membres de l’Arche de Zoé sont finalement libres, notamment libres de polluer les médias (déjà bien pollués), et en les écoutant on arrive inévitablement à la conclusion suivante : l’Afrique est décidément le contient où n’importe quel minable venu d’Europe peut s’ériger en héros. Mais malheureusement le Sud n’est pas méprisé que par des minables, des institutions prétendument respectables s’y mettent aussi : la Banque mondiale et le FMI (fonds monétaire international) veulent s’attribuer le rôle de défenseurs des pauvres qu’ils appauvrissent. Ainsi, on offre quelques millions à Haïti pour gérer le problème de la faim après lui avoir imposé un changement de régime (jeu de mot involontaire).

Pensées en bref :
-L’identité française n’est-elle pas plus menacée par l’atlantisme que par l’immigration ?

-Je viens de tomber sur une chanson particulièrement raciste : Inch’Allah d’Adamo. Contexte : guerre des Six Jours. Les Israéliens y sont décrits comme « les six millions d’âmes [...] qui malgré le sable infâme ont fait pousser six millions d’arbres ». Je suis tenté de la prendre à l’envers cette chanson : six millions d’infâmes sur un sable sacré !

-Faisons le bilan de la rupture promise par Sarkozy : la religion prend une place croissante (le jour de la mort de Césaire, un évêque est élu à l’Académie française) ; sur le plan culturel, le couple présidentiel est une insulte à la dimension tragique du pouvoir ; sur le plan économique, le candidat qui promettait l’impossible est devenu le président qui ne peut rien. D’ailleurs, c’est devenu un homme ordinaire (parfois simple et vulgaire) dont l’élection s’apparente à une victoire au Lotto (lire absolument le Monde diplomatique de ce mois-ci, « L’art de faire rêver les pauvres », Mona Chollet).

-Le pape va aux Etats-Unis faire l’éloge de l’ingérence tout en rappelant son passé nazi. Très marrant. Les catho rejoignent les protestants et les sionistes ?

-Les Israéliens massacrent y compris pendant la Pâque juive.

-Une question : pourquoi parle-t-on de la menace islamiste en Occident sans jamais songer à la menace sioniste en Orient ?

-Je lis de plus en plus d’articles sur le pseudo-choc des civilisations entre Islam et Occident. Il serait donc question de valeurs. Il est facile de parler de choc de valeurs si l’on pense que ceux qui veulent le retrait des troupes américaines sont contre la liberté en tant que valeur occidentale, et que ceux qui veulent récupérer les territoires palestiniens occupés sont antisémites. Tout est dans la manipulation du discours.
Son associé au billet :

Pensées hivernales.

Posté le 30.03.2008 par adlenemao
Auteur: Adlene Mohammedi.
Remarque: je vous saurais gré d'être indulgent avec le style.

Avec un peu de retard et quelques hésitations je finis par publier ces « pensées hivernales » tant attendues je l’espère.

Je voudrais commencer par le chef d’Etat français qui vient de clore un voyage au Royaume-Uni dont on ne peut que se demander s’il avait une quelconque utilité. Certes, il répond à une cohérence indéniable – un homme qui a vidé de son sens la notion de gaullisme à droite va rencontrer un gouvernement qui a fait du grand parti de gauche que fut le Labour un New Labour qui s’est vite avéré un « No Labour » puis carrément « Anti-Labour » (je cite le Respect MP G. Galloway) - qui n’empêche pas des interrogations sur l’avenir de l’échiquier politique européen, en effet, aura-t-on droit à un débat entre des politiques qui pensent tous la même chose ?
En effet, quand j’ai entendu M. Bernard-Henri Lévy se réclamer de la gauche, et quand j’ai vu les élites françaises se mettre à parler comme un seul homme là où elles étaient censées débattre, j’ai compris l’état dans lequel se trouvait le « pays des Lumières » et des « droits de l’homme ». Justement, parlons-en de ces droits de l’homme qui n’ont de sens que pour certains cas sélectionnés par certains groupes, ou par un groupe certain. Ainsi, un certain nombre de lobbyistes (il ne peut être question d’intellectuels pour des gens qui ont un mal fou à se transcender) ont décidé de trafiquer l’héritage des Lumières à leur avantage : nous sommes passés des « droits de l’homme et du citoyen » aux « droits de l’homme » tout simplement. Je reviendrai sur ce thème plus tard, j’ai promis de commencer par le petit président.

Car ce dernier aussi a de drôles de rapports avec l’histoire. Il tourne le dos à la tragédie qu’a constitué la guerre d’Algérie avant de conclure son discours sur la politique israélienne de la France auprès de l’ambassade bis d’Israël (CRIF) par une lubie de celles dont il a le secret, je parle évidemment de celle qui consiste à vouloir sponsoriser les écoliers d’aujourd’hui par des victimes de la Shoah d’hier. Et dire qu’on pensait que la France n’avait rien à se reprocher. Une conclusion dont, d’ailleurs, se serait bien passé le ministre de l’éducation qui parlait de plus d’école à l’école. Ce n’est vraisemblablement pas gagné. En fait, à la fin de son mandat, un dictionnaire relatant les contradictions sarkozyennes risque d’être envisageable, avec à la lettre « i » l’intervention étatique qu’il n’hésite pas à associer aux lois du marché, et à la lettre « v » la volonté individuelle qu’il prône malgré le déterminisme génétique auquel il croit dur comme fer. Justement, c’est peut-être cette certitude qui meut les réformes judiciaires auxquelles on a droit ces derniers temps.

Revenons au sujet qui m’intéresse le plus, et c’est là qu’interviennent les lobbyistes, la politique étrangère. Le lobby sioniste en France (parce qu’ils sont sionistes avant tout à les entendre) semble avoir des objectifs clairs : il méprise la souveraineté des Etats, y compris celle de la France, et s’attelle à défendre tous les soumis du monde en s’attaquant à ceux qui tiennent tête, tout cela dans le cadre d’une défense inconditionnelle des intérêts d’un Etat gâté par la diplomatie, l’Etat d’Israël. Avant de développer tout cela il faut bien insister sur la complaisance des médias, ainsi que sur la nécessité d’avoir un certain recul pour rendre compte de la gravité de la situation.

De l’islamophobie à la judéophilie :
Les partisans du « droit d’ingérence » (droit au délit ?) justifient l’impunité dont jouit Israël par un bouc émissaire. Ils auraient sans doute préféré que ce soit la Syrie ou l’Iran, cela viendra peut-être, mais il se trouve que c’est le Soudan qui s’est offert à eux sur un plateau d’argent. Un conflit qui devient soudainement médiatisé. Depuis le début de cette médiatisation soudaine, ils n’ont cessé de laisser planer le doute quant à la nature de la victime, ainsi que celle du coupable. Soyons clairs : il ne s’agit pas d’un régime islamiste qui veut à tous prix venir à bout d’une minorité chrétienne, il ne s’agit pas non plus d’un régime sunnite qui s’attaque à des chiites, il ne s’agit d’ailleurs pas du tout d’un conflit entre Khartoum et les Darfouris. Comme le chaos n’intéresse personne, on commence à parler d’élites arabes s’acharnant sur des populations qui ne le sont pas. L’Etat « islamiste » et « arabe » contre le Darfour. L’image rêvée. Dans ce cas, et je me fie à R. Brauman, pourquoi les victimes trouvent-elles refuge auprès des bases de l’armée ? Et pourquoi cette situation ne se reflète-t-elle pas dans la capitale ? La haine de l’arabe ne peut avoir raison de la réalité !
Comme si cela ne suffisait pas, on a préféré s’attaquer à l’islam de façon générale. Les mêmes ont, prenant la France pour une véritable poubelle, invité une Somalienne qui a menti pour être accueillie aux Pays-Bas avant de se transformer en propagandiste salariée des néo-conservateurs américains. Je parle d’une certaine Hirsi Ali, frustrée islamophobe, que toute la classe politique française soutient dans la perspective d’obtenir carrément la nationalité française. Les médias avalent.
Tout étant au service d’Israël, après les attaques, les signaux. Il faut bien comprendre que les sionistes, de Gainsbourg et sa Marseillaise débile à Lévy et Kouchner, ont un profond mépris pour l’Etat. Il y a Israël et le reste du monde. On les revoit, en 1967, manifester pour la défense de cet Etat, tandis que tout est permis ailleurs. Rappelons que la guerre de 1967 se conclut justement par une occupation de la part d’Israël.
C’est donc cette impunité qui les pousse à promouvoir, dans un élan anti-serbe (je rappelle au passage que, d’après N. Chomsky, l’intervention clintonienne s’explique davantage par le refus de Milosevic d’appliquer un plan du FMI que par la volonté d’aider des Kosovars qui n’intéressent personne), la création d’un Etat kosovar dont les seules bases résident dans le soutien américain et la mafia albanaise. Donc sans se soucier des 180,000 Serbes forcés de quitter la région, des Serbes menacés et isolés au Kosovo et des églises (pleines contrairement à l’ambassade américaine récemment touchée) prises pour cibles, on a privilégié la stupide idée d’Etat ethnique. Là encore, aucun esprit critique des médias.
Outre cette promotion de l’Etat ethnique, le deuxième signal réside dans le scandale du salon du livre à Paris. Ainsi, même si les médias ont voulu faire croire qu’on avait invité des écrivains israéliens partisans de la paix, c’est bien de l’Etat d’Israël, qui fête cette année le 60e anniversaire du plus grand hold-up du XXe siècle, qu’il s’agit. Et même si les médias ont insisté sur le caractère arabo-musulman des boycotteurs, les premiers sont israéliens. Je dis deuxième signal tout simplement parce que, en plus de l’Etat terroriste, c’est l’hébreu qui est à l’honneur. C’est donc des écrivains au service du régime, et dont l’expression littéraire est exclusivement hébraïque, qui sont à l’honneur.
Enfin, à l’ethnie et à la langue s’ajoute la religion. Bush, Olmert et Sarkozy semblent d’accord pour l’instauration demain d’un Etat musulman à côté d’un Etat juif. Pour résumer, ces derniers mois furent l’occasion pour les lobbies sionistes et pour certaines puissances de préparer le monde à une véritable épuration ethnique en Palestine, en plus des massacres déjà perpétrés. Ceci se fait notamment dans le cadre de la conférence d’Annapolis, sur laquelle je ne reviendrai pas, qui est aussi un bon moyen pour contourner le droit international, notamment la résolution 242 de l’ONU votée après l’occupation de territoires voisins en 1967, sachant que des territoires syriens et palestiniens demeurent occupés.

Du mépris pour soi :
Les événements de ces derniers mois, en plus d’illustrer un mépris indéniable pour le Sud, se sont accompagnés par un mépris incommensurable de certains pour eux-mêmes. Cela me rappelle un très beau texte de Baudrillard où il est question d’un mépris envers eux-mêmes qui pousse certains à dire à l’Occident ce qu’il attend d’eux. Cela va des Maghrébins qui préfèrent parler de la laïcité plutôt que de la dignité à laquelle ils ont a priori droit, aux Libanais qui condamnent le Hezbollah, en passant par les Russes et les Chinois qui insultent leurs régimes respectifs. Tous ceux-là confirment la thèse selon laquelle il y aurait deux types de peuples : les hommes et les citoyens. Les premiers escomptant l’aide des seconds. Cette idée intolérable promue par les lobbies sionistes a une conséquence directe : on parle des « droits de l’homme» en Afrique et personne n’a le droit de s’attaquer aux citoyens responsables d’Israël. Pour ce qui est de la conséquence indirecte, il suffit d’allumer la télévision : des moines tibétains offrent à l’Occident le spectacle rêvé en pleurant devant des caméras européennes pour que le continent des « droits de l’homme » leur vienne en aide. Ils ignorent que c’est surtout celui des droits du « citoyen », et que s’il faut boycotter la Chine pour ce qu’elle fait chez elle, il faudra boycotter les Etats-Unis pour ce qu’ils font très loin de chez eux. La citoyenneté c’est la souveraineté !

C’est pour cela qu’il faudra se battre pour que le seul peuple qui n’a pas droit à cette souveraineté et à cette citoyenneté puisse les acquérir. Je dis cela parce que les Palestiniens – et c’est évidemment d’eux qu’il s’agit – souffrent d’un double mépris : chez eux et ici. Pendant qu’ils sont bombardés, pendant que des populations entières subissent le harcèlement de jeunes soldats armés mais pas braves, on demande des comptes à ceux qui les défendent. J’ai en tête l’histoire d’un haut fonctionnaire limogé pour avoir été partial – M. Guigue. A-t-on demandé des comptes à M. Klarsfeld, carrément officier israélien, et à M. Goasguen qui traitait, il n’y a pas si longtemps, de sauvages les Palestiniens, au nom des 111 députés du groupe d’amitié France-Israël (cela va de l’UMP Goasguen aux socialistes Dray et Ayrault) ? Mieux vaut donc être un pro-israélien raciste qu’un analyste sérieux qui ne fait qu’énumérer des vérités.
Dans ces conditions, comment éviter l’analogie avec le nazisme ? Et c’est au nom de cette analogie que je conclus par deux points : le silence des médias et la sympathie de l’Etat français pour la puissance dominante ne peuvent que rappeler cette période.

Hommage à Georges Habache.

Posté le 29.01.2008 par adlenemao
Auteur: Adlene Mohammedi.

Le droit n'a jamais rien résolu pour le peuple palestinien. Aujourd'hui, une solution est envisageable: la guerre. Et la seule manière de mener une guerre face à un ennemi aussi fort et soutenu, c'est la barbarie. Seul un renouveau du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) peut sauver la Palestine: un mouvement laïc et sans limites.

Compter sur la communauté internationale c'est désormais ridicule et naïf. Les résolutions de l'ONU n'ont abouti à rien. Les négociations n'ont abouti à rien non plus, si ce n'est à penser des institutions sans territoires viables.

Il faut bien se mettre dans la tête que la situation dans laquelle nous sommes n'a rien de différent de celle que l'Europe a connue il y a quelques décennies: il y avait les nazis, il y a les neocons (le "patriot act" américain n'a rien à envier à tout ce que Goebbels et les siens ont pu faire); il y avait les collabos, il y a les "amis" (Sarko et compagnie); il y avait l'étoile jaune, il y a le croissant jaune... et quelle réaction? L'indifférence!

Dans une situation particulière il faut une réponse particulière, tout comme celle de Jean Moulin: de l'extrême gauche à l'extrême droite, il faut se rassembler pour combattre ce tragique ordre établi. Georges Habache, fondateur du FPLP, nous a quittés en Jordanie dont il fut l'ennemi juré. La question qui se pose désormais est simple: y a-t-il encore de la place pour une lutte sans merci? Une lutte qui rassemblerait toutes les tendances, mais avec une seule fin: la terre et la liberté.

Bientôt l'hiver.

Posté le 17.12.2007 par adlenemao
Bientôt l’hiver.

"Nos défaites d’aujourd’hui ne prouvent rien, si ce n’est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l’infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons qu’au moins ils aient honte"
Bertold Brecht

Auteur: Adlene Mohammedi.

Quelle magnifique citation! D’autant plus qu’elle est d’actualité. Aujourd’hui beaucoup devraient avoir honte. Cette fin d’automne est très amère pour quiconque décide d’ouvrir les yeux sur ce qui se trame dans le monde, pour quiconque ayant la chance de pouvoir s’extirper quelques heures de l’infernal circuit du travail et de la consommation.
Imaginez la scène suivante: la chancelière allemande débarque à Paris. Elle fait un discours, à l’issue duquel des contrats seront signés, où elle explique sur un ton paternaliste que certes les nazis ont commis des crimes, mais qu’il faut bien comprendre que des crimes furent commis des deux côtés. Elle rentre chez elle ensuite, et à Berlin elle rend hommage à tous les collaborateurs français qui ont trouvé le «courage» de dénoncer et de massacrer leurs compatriotes. Evidemment il ne serait pas question de les dédommager (trop nombreux!). N’est-ce pas difficile à imaginer? En Algérie, on n’avait pas besoin de l’imaginer, on l’a vécu, et le président Bouteflika -qui avait déjà choqué en serrant chaleureusement la main d’Ehud Barak- l’a pris avec un sourire non dissimulé. C’est tout de même fâcheux de la part de quelqu’un qui combattait au sein de l’ALN quand son homologue était encore à la maternelle (à Neuilly peut-être?). Ce qui est encore plus fâcheux, c’est ce sentiment terrible d’injustice qu’on peut ressentir dans les pays du Sud: eût-il fallu que les pays du Sud résistassent pacifiquement pour mériter d’être reconnus aujourd’hui? L’histoire ne montre-t-elle pas que, pour tout le monde, une vraie résistance est forcément un peu sale (il y a Gandhi certes, mais il y a aussi les massacres de manifestants à Sétif et à Guelma)? Pourquoi Hô Chi Minh serait un terroriste tandis que Ben Gourion serait un libérateur? L’histoire américaine ne s’est-elle pas construite sur une série de violences et d’atrocités? L’histoire d’Israël ne s’est-elle pas construite sur une série de mensonges et d’horreurs? Et il suffit de s’intéresser aux derniers affrontements au Sud-Liban pour comprendre que, aux yeux de certains, certaines vies valent plus que d’autres.

Indépendamment de ce deux poids deux mesures raciste entre Sud et Nord, il faut bien mettre l’accent sur l’importance de l’étiquette «démocrate». Certains pays démocratiques utilisent cette étiquette pour se permettre les pires monstruosités, et pour agir, in fine, en contradiction avec les valeurs démocratiques. Je le dis souvent en l’air sur le régime israélien, et j’ai, dans un précédent article, parlé maladroitement de «démocraties totalitaires». Il est temps de clarifier les choses, et d’aller au-delà (jenseits) des slogans.

1/Que reproche-t-on à Poutine? C’est tout de même effrayant de voir la presse française se déchaîner -comme elle l’a fait avec Chavez- en mettant l’accent sur des souris moscovites, devenues montagnes à Paris. A Moscou, personne ne connaît Anna Politkovskaya! L’opposition du joueur d’échecs, à Moscou, on s’en fiche! A Moscou, et dans toute la Russie, on a choisi Poutine, et on a eu Poutine! Que lui reproche-t-on aujourd’hui? D’avoir choisi lui-même son successeur? Son prédécesseur docile Eltsine a fait la même chose; le monstrueux sioniste Sharon a fait la même chose; et même le démocrate assassin Blair a fait la même chose. Que veut-on? La démocratie ou la soumission?

2/Après le dernier attentat à Alger, un certain nombre de commentateurs français ont décrit la chose d’une drôle de manière: l’islamisme est à nos portes alors que nous n’avons rien demandé. Ah bon? Je dirais le contraire: les Occidentaux se sont attelés durant tout le XXe siècle à éliminer toute opposition progressiste en favorisant l'islamisme. Résultat: il n'y a presque plus de progressistes, et une ribambelle d'islamistes massacreurs d'innocents. C’est donc en Palestine, au Liban et en Algérie qu’on subit les conséquences de choses ni auxquelles on a contribué, ni auxquelles on a souscrit!

3/Derrière la conférence d’Annapolis (une conférence où trois hommes sans légitimité veulent négocier une paix elle-même illégitime):
-> Israël ne veut toujours pas respecter la résolution 242 de l'ONU: depuis 1967, Israël occupe des terres de pays voisins sans que cela ne pose problème! Israël prétend aider le Liban à éliminer le Hezbollah, mais imaginez une seconde une attaque militaire du Liban sur le sol israélien pour obliger les Sionistes à respecter cette résolution qui les oblige à se retirer des terres arabes voisines! Idem pour la résolution 194 qui, dès 1948, insistait sur le droit au retour des réfugiés. Une question se pose: cette conférence est-elle là pour contourner le droit international?
-> La totalité de la Cisjordanie et le ghetto de Gaza représentent 22 % de la Palestine historique, et les Israéliens ne sont jamais satisfaits: aucun plan ne prévoit le retrait de 100 % des territoires occupés, cela oscille entre 40 % et 90 % des territoires palestiniens occupés, ce qui fait entre 12 % et 18 % environ de la Palestine historique! Dans ces ghettos, on espère créer des «réserves» où seront parqués les Palestiniens. Plus obscène encore, dans un territoire qui ne dépasse pas les 18% de la Palestine originelle (je parle de l'hypothétique Etat palestinien), on veut mettre, en plus des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, tous les réfugiés (cela est purement symbolique, ils ne vont pas tous revenir), et aussi tous les Arabes d’Israël! Tous ceux qui vivent en Israël, qui ont intégré la société israélienne (dans la mesure du possible) sont amenés à «retourner chez eux», comme s’ils n’y étaient pas déjà!

Vidéo pédagogique (les commentaires du monsieur sont souvent inintéressants mais les cartes sont pertinentes):

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4/Cluedo: le meurtrier est à Damas. Cette série de meurtres au Liban est forcément, aux yeux des médias français, l’œuvre du régime syrien. Certes, depuis l’indépendance de l’Etat libanais (1943), les Syriens ne veulent pas reconnaître ses frontières (et je vous invite, pour mieux comprendre le sujet, à vous intéresser à l’histoire de cette région où les frontières furent tracées par les Occidentaux, pour les Occidentaux). Mais depuis la Guerre du Liban, un autre acteur apparaît: Israël. Israël voulait d’abord, aux côtés des Phalanges libanaises (puis Forces libanaises), des maronites fascistes persuadés d’être phéniciens (Gemayel & Co sont adorés en France), massacrer du palestinien (du moins, endiguer l’OLP). Seulement, Syriens et Israéliens se sont retrouvés côte à côte pour «protéger le Liban», et depuis, forcément, on s’y attache! Mais à qui profite le crime exactement? La Syrie a-t-elle intérêt à assassiner des politiciens sans importance? Les Sionistes, en revanche, ont intérêt à ce qu’il y ait du désordre dans la région: si les Syriens tuent, le Hezbollah étant l’allié des Syriens, on a donc d’autant plus le droit d’attaquer le Sud-Liban pour «protéger le Liban» de cette «organisation terroriste». Seulement, l’état libanais (le président Emile Lahoud) utilise le Hezbollah pour résister justement à Tsahal. Et pourquoi vouloir à tout prix attaquer le Liban? Georges Corm (intellectuel libanais) explique que le Liban représente tout ce que Israël n’est pas (un état multiconfessionnel par exemple), mais il y a une autre raison à cela: l’eau. En effet, à plusieurs reprises, les sionistes ont tenté de détourner l'eau du Litani.

Thank you Mr Galloway (vidéo d'un député écossais qui a pris ses distances avec le Labour, qui est devenu New Labour, puis No Labour, pour finir Anti-Labour, selon son expression; quant à la journaliste, c'est la bêtise occidentale personnifiée!):

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Donc, à ceux qui se demandent si Kadhafi est fréquentable, je dis simplement qu'il ne l'est pas moins que les chefs d'état occidentaux «démocratiquement» élus. Aujourd'hui la menace iranienne est agitée par tous les médias, et si c’est plus exacerbé dans ce cas que dans d’autres (le cas de la Corée par exemple), c’est tout simplement lié à la proximité avec Israël. D’abord, l’Iran mériterait d’avoir l’arme nucléaire -non pas pour «rayer Israël de la carte» (expression qui n’a jamais été utilisée par le président iranien)- mais parce que ce serait la seule puissance nucléaire sensible à la cause palestinienne. Pourquoi ne veut-on pas l’équilibre? Ensuite, à ceux qui se méfient de la qualité de la démocratie iranienne, je leur dis simplement qu’elle ne diffère en rien de la démocratie française: en France, il faut être «républicain» et souscrire aux valeurs de l’ordre établi, et à celles de la révolution bourgeoise de 1789; en Iran, il faut souscrire à la révolution de 1979.

Hillary Clinton believes war with Iran would be funny (quel mépris!):

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Pensées automnales.

Posté le 19.11.2007 par Adlene Mohammedi.
Après les pensées estivales, les pensées automnales.

En automne, après la chaleur de l’été, après la lumière éblouissante du soleil, les yeux commencent à s’ouvrir. On commence à se poser des questions, à s’étonner, à réagir.

Je voudrais commencer par réagir, non pas au contenu des informations, mais à la manière dont elles sont disposées, dont elles sont mises à notre disposition. La question est: la conscience ne reconnaît-elle plus ce qui est prioritaire? Baudrillard meurt et tout le monde s’en fiche, Friedman disparaît et un grand hommage lui est rendu. Il est vrai que ce dernier fut prix Nobel de l’économie. D’ailleurs, il eut mérité tout autant celui de la paix, lui qui travailla si bien à anéantir le socialisme au Chili. Parallèlement à cet hommage, la lustration oblige certains Polonais à se repentir, et prive de leurs allocations ceux d’entre eux qui, étant communistes, ont eu la mauvaise idée de combattre le fascisme en Espagne.

En Algérie, les attentats se suivent et ne se ressemblent pas -comme par hasard au moment où le peuple est prompt à se révolter: quand il n’y a pas de victimes françaises, on préfère parler rugby.

Yasmina Reza, une précieuse ridicule, promeut son livre "L'aube le soir ou la nuit". Une sorte de carnet de bord minable où elle relate ce qu’elle a vécu auprès de celui qui allait devenir président de la république. Pendant que son livre se vend comme des petits pains, le président est aux Etats-Unis afin de signifier à son homologue son inébranlable amitié. On aurait presque envie d’oublier que pour le peuple irakien que ce soit l’aube, le soir ou la nuit, rien n’y change. Idem pour l’ouvrier français qui s’est retrouvé au chômage. Cette question concerne bien plus celui qui, après s’être fait élire par une masse de beaufs, fête sa victoire dans des yachts et des boites branchées.

Depuis l’avènement de la nouvelle équipe au pouvoir, force est de constater qu’on a tendance à délaisser les vrais problèmes au profit du vide. On stigmatise une partie des fonctionnaires en parlant des régimes spéciaux, on stigmatise une partie de l’immigration future en insistant sur l’importance des tests ADN, on met en garde contre les chiens dangereux et on débat sur l’euthanasie.

Au-delà de l’information, la question des priorités concerne les institutions elles-mêmes. En effet, le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement a réussi à donner une nouvelle âme à la police nationale, en lui accordant de nouvelles prérogatives: on passe d’une police censée maintenir l’ordre à une police politique qui s’attelle à en créer un nouveau, sans clandestins en l’occurrence dans un premier temps. Le monde du capital grandit quand la cage de l’homme se rapetisse.

Comme je l’ai dit précédemment à propos du régime israélien, une démocratie peut tout se permettre, y compris de ne plus agir conformément à l’idéal démocratique. On préfère stigmatiser les régimes qui n’ont pas la chance de jouir de cette étiquette. Le prix Sakharov le montre bien: le Parlement Européen a choisi cette année pour finalistes, à la surprise générale (ironie je précise), une journaliste russe pour cracher sur Poutine (à titre posthume), un avocat soudanais pour dénoncer ce qui se passe au Darfour et des dissidents chinois. Je n’ai qu’une chose à dire: surprenez-nous la prochaine fois! J’ose imaginer que le militant hostile à Chavez s’est classé quatrième. Voilà pourquoi, quand N. Chomsky décrit notre système d’information comme une «fabrique du consentement», on ne peut que souscrire à son point de vue. Peut-être pas P. Bruckner, penseur néocon, qui décrit l’Europe en ces termes: «L'Europe a plutôt vaincu ses monstres, l'esclavage a été aboli, le colonialisme abandonné, le fascisme défait, le communisme mis à genoux par KO. Quel continent peut afficher un tel bilan?» Là encore, une seule chose à dire: l’Europe n’a-t-elle pas défait ce qu’elle a elle-même fait? Espérons seulement que ce qui se fait là pourra être défait aussi!

A suivre...
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Pauvre pays.

Posté le 20.08.2007 par Adlene Mohammedi.
Un été à Alger:

Parler de l’Algérie aujourd’hui revient à définir, ou mieux, à illustrer le concept du peuple mal gouverné. Si d’un point de vue sociologique j’ai tendance à évoquer une frustration pathétique susceptible d’engendrer une décadence tragique, sur le plan politique il ne peut être question que de carence, contrastant avec l’abondance économique.

En effet, comment pardonner à un ministre de l’environnement -aussi ministre du tourisme, de la ville et de l’aménagement du territoire- qui collectionne les Jeep? Avec ses airs d’intellectuel, le président de la fondation "Déserts du monde" nous ferait presque oublier qu’il est un peu responsable de la présence d’une digue d’égouts en plein milieu d’une plage qui fait face à un hôtel à vocation touristique.

Comment pardonner à une chaîne de télévision qui consacre la moitié de son journal aux bêtises proférées par un président aussi capable qu’un singe au standard (il peut prendre le combiné, mais pas répondre au téléphone), quand il ne s’agit pas d’ouvrir le journal avec un premier ministre (aussi inquiétant qu’un taliban) qui distribue des prix à des fillettes qui ont appris le coran par cœur?

Comment pardonner à un président de la république qui se fait soigner en France et qui se permet le luxe de vouloir pour Alger la plus grande mosquée et le plus grand centre commercial d’Afrique? Comment pardonner à un président qui donne des leçons d’urbanisme et d'architecture à la télévision (« Je ne veux plus de F2! » hurlait-il) pendant que ses ministres débattent -en vain- du prix de la pomme de terre, inaugurent une cabine téléphonique dans une prison, ou envoient des lettres pour demander des comptes aux électeurs qui ont osé s'abstenir aux dernières législatives.

Comment pardonner à une ministre de la culture qui exclut le peuple d’évènements aussi importants qu’"Alger, capitale de la culture arabe 2007", ou encore le "Festival international du film arabe" à Oran? Comment pardonner à une ministre qui trouve le temps d’exiger telle ou telle peinture, telle ou telle céramique, quand la majorité de la population se barricade chez elle le week-end, avec TF1 pour seul repère culturel?

Comment pardonner à un état qui a fait des Jeux Africains le seul évènement sportif majeur, à ma connaissance, dont la promotion s'est faite quasiment de bouche à oreille?

Comment pardonner à un secrétaire général d'un syndicat (le seul syndicat légitime en l'occurrence) lorsque celui-ci, au lieu de défendre les travailleurs auprès du patronat et du gouvernement, fait la promotion du programme de ce dernier auprès des travailleurs?

L’Algérie, après avoir illustré l’échec de la démocratisation, illustre l’échec du libéralisme -comme si Friedman avait ressuscité pour conseiller le gouvernement algérien: les lois du marché ne cessent de faire grimper les prix; l’argent du pétrole disparaît avant même que l’on ait eu le temps de l’apercevoir; et Quick vient côtoyer le futur Musée d’Arts Modernes d’Alger. Bien évidemment, tous ces problèmes sont loin de concerner une élite peuplant les plages privées, et conduisant des voitures hors de prix pour s’y rendre. Comme Orwell, quand Veblen parlait d’une classe oisive pratiquant une consommation ostentatoire il n’était pas loin de la triste réalité algérienne. Baudrillard aussi aurait pu parler de l’Algérie dans sa définition du Mal absolu: le progrès aboutit aussi bien à une chaîne de Fast Food occidentale qui s'installe au centre ville qu'à une population qui voit dans l'islam une protection, voire une alternative.
Ainsi, l’Algérie devient le théâtre d’une cohabitation entre le Bien (ce qui s’en réclame) et le Mal. Etrange.

Il est vrai que l’armée s’est effacée -ou n’est-ce qu’une impression. Il semblerait que le capitalisme importé a fait de plusieurs militaires des hommes d’affaires. Décidément, l’argent peut même évincer du pouvoir. L'armée n'a tout de même pas complètement disparu puisque c'est elle qu'on utilise pour faire retrouver au peuple ses réflexes pavloviens: un attentat, et toute contestation est oubliée!

Alors si tous ces idiots sont prêts à pardonner aux égorgeurs barbus (et Dieu sait que les barbus avaient sur qui compter), qu’ils le fassent! D'ailleurs, il est normal de vouloir négocier avec les vainqueurs. En attendant peut-être le jour où la question du pardon concernera aussi tous ces idiots, car pour l'instant, mes interrogations (plus haut) sont du domaine de l'abstrait. Par ailleurs, il serait absurde d'évoquer les pratiques mafieuses dans un texte qui traite exclusivement de la bêtise.
Pendant que j’écris cela, certains barbus pensent à créer un nouveau FIS (Front Islamique du Salut), profitant ainsi des droits et des privilèges octroyés par le président. L’éternel retour nietzschéen?

Je lève mon verre de Selecto à tous ceux qui survivent et à tous ceux qui résistent.
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